C'est le coût estimé de la construction d'une nouvelle ligne de tramway pour la seule portion située entre le stade des Alpes, à Grenoble, et le carrefour de la Caronnerie, à Meylan.
Un simple coup d'œil sur la carte de l'agglomération grenobloise suffit à le constater : Meylan est la grande oubliée du tramway au profit des communes de l'ouest de l'agglomération grenobloise, en dépit d'un lobbying actif de l'équipe municipale. "Depuis 2001, nous sommes mobilisés aux côtés du maire, Marie-Christine Tardy, pour que le tram relie Meylan à Grenoble. C'est un combat que je porte également au niveau du SMTC (Syndicat mixte des transports en commun de l'agglomération grenobloise)", rappelle Jean-Claude Peyrin, adjoint délégué à l'aménagement urbain et aux déplacements. La Ville a néanmoins fini par obtenir la création de la ligne 6020, dont les Meylanais s'accordent à reconnaître l'utilité, même s'ils déplorent des problèmes de régularité. "Cette ligne a montré sa pertinence, mais elle reste insuffisante. Dans notre esprit, elle préfigure l'arrivée du tram", poursuit Jean-Claude Peyrin.
C'est dire la satisfaction qu'ont éprouvé élus et Meylanais lorsque le SMTC a officiellement lancé les études de faisabilité d'une ligne reliant Grenoble à Meylan, en mars 2009. Le dossier, confié à un groupement d'études piloté par Egis Rail, a malheureusement été remis en question trois mois plus tard, à la suite de l'annulation du PDU (voir encadré). Après une suspension estivale, le président du SMTC, Marc Baïetto, a annoncé le 14 septembre 2009 la reprise du chantier. Les études préalables en cours de réalisation doivent permettre de proposer, à l'intérieur d'un périmètre d'études et de vigilance défini par le SMTC, un tracé de référence, assorti de propositions de variantes. "Autrement dit, il s'agit d'éliminer toutes les solutions qui semblent ne pas remplir les objectifs assignés", précise Jean-Claude Peyrin. Parmi les critères déterminants de cette étude, la densité actuelle et future de la commune, le long du tracé, jouera un rôle essentiel. Elle sera au cœur du contrat d'axe que devront cosigner le maire et le président du SMTC.
Dans l'hypothèse d'un tracé empruntant la RN 90, l'arrivée du tram sera l'opportunité d'un réaménagement qualitatif de l'avenue de Verdun, en concertation avec les Meylanais, dans le cadre du projet de ville : piste cyclable, cheminement piétons, voie routière. De son côté, quel que soit le tracé retenu, le SMTC accompagnera son développement, en créant des lignes de rabattement.
"Nous sommes à l'aube d'un processus qui va engager notre avenir. Il est donc essentiel d'orienter la décision plutôt que de la subir, et donc de participer à la concertation du projet de ville, dont dépendra notre PLU", conclut Jean-Claude Peyrin.
Le tram va-t-il enfin arriver à Meylan ?
Lorsque le tribunal administratif de Grenoble a annulé le PDU, la question du fondement de ces études s'est posée. Sur quelles bases juridiques le SMTC pouvait-il engager 340 millions d'euros dans un projet qui, dans mon esprit, reposait sur l'existence même de ce PDU ? Depuis, j'ai interrogé le préfet de l'Isère, qui m'a indiqué que nous pouvions poursuivre ce chantier. Les incertitudes juridiques étant levées, j'ai proposé au bureau du SMTC de relancer les études, pour de ne pas perdre plus de temps.
Sur quels critères avez-vous retenu l'idée d'une ligne Grenoble-Meylan ?
Le SMTC veut proposer une offre de TCSP dans les trois directions de l'Y grenoblois. Il n'existe rien de tel dans le Grésivaudan. Sur la rive gauche, l'entrée dans l'agglomération est facilitée par l'existence de l'axe ferroviaire. Sur la rive droite, en revanche, il n'y a pas d'alternative à la voiture, si ce n'est la ligne 6020. Dans ce contexte, il est logique de créer une ligne de tramway desservant Meylan. En revanche, son tracé pose un certain nombre de problèmes, compte tenu de la structuration du territoire. Le carrefour de la Carronnerie s'impose comme un point de convergence. De là, faut-il irriguer Inovallée en délaissant les zones d'habitat ? Faut-il mieux, au contraire, desservir l'avenue de Verdun ? Faut-il aller en direction de la Revirée ou, au contraire, vers le lycée ? Nos études préalables doivent nous permettre d'éliminer les solutions les moins efficaces et de proposer un tracé porteur d'avenir pour Meylan.
Quels seront les éléments déterminants ?
Il y a plusieurs critères. Le premier d'entre eux est lié à la fonctionnalité même du tramway. Notre charte Urbanisme et transport fixe la fréquentation d'une ligne de tram à plus de 20 000 usagers par jour, car il faut justifier l'investissement du SMTC. Ce qui soulève la question de la densification de l'habitat. La réorganisation urbaine de Meylan peut-elle garantir ce débit ? Cette question sera débattue dans le cadre du PLU. La réponse appartient aux Meylanais.
Quel est le calendrier prévisionnel de cette opération ?
Nous voulons engager les travaux en 2014, dès la fin de ceux de la ligne E, pour une mise en service en 2015. Notre planning prévisionnel en découle. Nous avons pour objectif d'achever la concertation préalable d'ici fin 2010, avant de procéder à des études plus poussées pour arrêter le choix du tracé. L'enquête d'utilité publique pourrait quant à elle avoir lieu avant l'été 2013.