Meylan ma ville N° 86 supplément juin 2010 www.meylan.fr [Inondations du 6 juin 2010] Comprendre pour prévenir 2|CE QU’IL S’EST PASSÉ Un phénomène météo exceptionnel à Meylan 3|MOBILISATION Une chaîne de solidarité dans les quartiers 4|PRÉVENIR Maîtriser au mieux les risques naturels Ma ville Ce qu’il s’est passé 80 mm d’eau tombés en 3 heures à Meylan. 300 bâtiments publics et privés inondés, dont : - 32 établissements recevant du public, - 20 entreprises d’Inovallée. 11 familles meylanaises relogées par le Centre communal d’action sociale (CCAS) dans des hôtels de l’agglomération. 168 demandes d’intervention auprès des pompiers entre le 6 et le 9 juin. Deux photos des quartiers inondés. Légende : Certains quartiers ont été plus touchés que d’autres, comme ici aux Buclos, où des appartements et des garages ont été inondés. Schéma explicatif de ce qui s’est passé avec représentation en plan de coupe de la situation géographique de Meylan. [Questions réponses] Rémy Grand, prévisionniste au Centre météo de Saint-Martin-d’Hères MMV : Cet orage était-il prévisible ? Le courant de sud-ouest instable, que nous avons observé dimanche 6 juin, laissait présager des orages isolés dans le département de l’Isère. Mais il est toujours difficile d’évaluer l’endroit précis sur lequel le cumul des précipitations atteindra son maximum. MMV : Que s’est-il passé précisément ? La station météo du Versoud a enregistré 41 mm d’eau en 2 heures, ce qui n’arrive que tous les 20 ans. Les images radar que nous avons enregistrées permettent de penser que les précipitations ont atteint près de 80 mm à Meylan. Cet orage, d’une intensité exceptionnelle, a été aggravé par le relief, car il s’est bloqué sur les contreforts de la Chartreuse. Résultat, au lieu de n’être que passagères, les précipitations se sont concentrées sur le Sud Grésivaudan et plus particulièrement sur Meylan pendant trois heures. [Phénomène météo] MEYLAN SÉVÈREMENT TOUCHÉE Dimanche 6 juin, des pluies orageuses très localisées ont fait de gros dégâts. Aucun quartier n’a été épargné. Aussi rapide qu’inattendu, le déluge a surpris les habitants. Entre 16 h 30 et 18 h 30, plus de 80 millimètres d'eau sont tombés avec une rare violence, provoquant d'importants dégâts matériels et de nombreuses coupures d’électricité, sans, fort heureusement, faire de victimes. Les habitants des quartiers des Buclos, de la Revirée et de la rue du Pré d’Elle ont été particulièrement touchés. Ils ont assisté, impuissants, à la montée des eaux qui ont noyé, par endroits, des habitations, des caves et des parkings souterrains. Plus de 40 voitures ont également été endommagées. Ces pluies diluviennes ont nécessité l'intervention d’une centaine de sapeurs-pompiers, qui sont sortis à 300 reprises entre le 6 et le 9 juin. Pendant qu’ils s’affairaient à pomper l’eau dans les logements et les nombreuses caves inondées, les agents municipaux du Centre technique sillonnaient la ville pour nettoyer les rues encombrées de gravats, mais aussi pour sécuriser la circulation, aux côtés de la gendarmerie de Meylan. Les sinistrés ont reçu le soutien des élus et des services de la Ville, mais également celles de voisins, prêts à manifester leur solidarité. Aux Buclos, par exemple, une trentaine de jeunes se sont mobilisés pour évacuer des personnes en fauteuil roulant de leurs appartements menacés par la montée des eaux. Le lendemain, de nombreuses personnes continuaient d'évacuer les eaux boueuses qui avaient stagné dans les habitations, les caves et les garages, avec le sentiment d'avoir échappé à une catastrophe de grande ampleur. [Mobilisation] LA VILLE SUR LE TERRAIN AUX CÔTÉS DES SINISTRÉS Dès le 6 juin au soir, élus et services de la ville se sont mobilisés avec les pompiers. Deux photos des services en plein travail “Cet orage d’une intensité exceptionnelle n’a épargné aucun quartier. Dès que l’alerte a été donnée, nous avons tout mis en oeuvre pour soulager les sinistrés”, explique Michel Bernard, 1er adjoint. “Des logements étaient inhabitables. Nous avons immédiatement pris des mesures pour reloger une dizaine de familles dans des hôtels”, rappelle Catherine Damiron, conseillère municipale et élue du quartier. “Dès que l’alerte a été donnée, nous nous sommes rendus chez les résidents de Pré-Blanc du quartier des Buclos pour nous assurer qu’ils étaient en sécurité et pour les rassurer. Nous avons du reloger quatre d’entre eux”, ajoute Isabelle Thévenier, chef du service Action sociale, santé et solidarités. Enfin, les gens du voyage ont été évacués par le responsable de la cellule catastrophe naturelle et relogés dans les communes voisines. Sécuriser et nettoyer De leurs côtés, 15 agents du Centre technique, accompagnés de deux policiers municipaux et d’un correspondant de quartier, ont rallié dès 17 h 30 la cellule de secours installée par les sapeurs-pompiers. Ils ont évalué les dégâts et mis en place des signalétiques de danger sur les sites touchés, pendant une bonne partie de la nuit. Le lendemain matin, 45 agents du Centre technique étaient à pied d’oeuvre pour procéder aux travaux sur le domaine public : sécurisation du chemin piétonnier reliant l’avenue des 7 Laux et le chemin de Maupertuis après l’effondrement des berges, du gué du Boutet, du chemin de Malacare et du chemin de l’église, nettoyage du chemin de Montlivet, mise en sécurité du parc du Bachais après l’écroulement d’un mur, intervention à la résidence Pré-Blanc à la suite d’une rupture de canalisation, dépannages électriques dans les locaux d’Horizons et de l’Hôtel de ville, nettoyage du groupe scolaire, du restaurant scolaire et de la crèche des Buclos… Parallèlement, pour permettre aux sinistrés de se débarrasser de leurs décombres, le Centre technique a installé des bennes dans les quartiers et s’est chargé de l’évacuation des encombrants. ASSURANCES ET CATASTROPHE NATURELLE Les inondations sont exclues des risques couverts par la garantie obligatoire de responsabilité civile. Dès le lendemain du sinistre, la Ville a demandé le classement de la commune en zone de catastrophe naturelle, afin que les victimes puissent obtenir un dédommagement. En cas d’avis favorable, un arrêté interministériel de reconnaissance de l’état de catastrophe naturelle sera publié au Journal Officiel. Les Meylanais qui ont adressé une déclaration de sinistre à l’Hôtel de ville en seront avertis individuellement. Ils disposeront d’un délai de 10 jours pour faire valoir leurs droits auprès de leur compagnie d’assurances, s’ils ne l’ont pas déjà fait. Les assureurs seront tenus de les indemniser dans un délai de trois mois. Si l’intensité anormale de l’orage n’était pas démontrée, la commission pourrait rendre un avis défavorable. UNE CELLULE D’ASSISTANCE Dès le lendemain des inondations, la Ville amis en place une cellule d’assistance pour les sinistrés. Interrogations sur l’origine du sinistre, problèmes d’assurances, besoin d’exprimer un profond désarroi…La cellule d’assistance aux sinistrés, animée par Catherine Damiron, conseillère municipale, élue du quartier Buclos/Grand-Pré, a reçu 180 courriers, appels et visites au cours de la semaine qui a suivi les inondations. Face à l’afflux de réclamations concernant des problèmes d’assurances, la Ville a recruté dès le 9 juin un juriste, Gaspard Couton, chargé d’analyser les demandes et de les transmettre aux élus de quartier et au Centre technique, mais aussi d’accompagner les sinistrés dans leurs démarches. “Les assurés ont souvent du mal à identifier les fonctions respectives des intervenants : experts, assureurs, bailleurs… Nous avons réalisé un gros travail de pédagogie en leur expliquant leurs droits et en les aidant, le cas échéant, à monter leurs dossiers pour les assurances”, explique-t-il. Contact : 04 76 41 59 91 assistance.inondation@meylan.fr [Travaux] LA VILLE MISE SUR LA PRÉVENTION Les risques d’inondation sont identifiés dans le PPRI (Plan de prévention du risque inondation par la rivière Isère) et le PPRN (Plan de prévention des risques naturels prévisibles). Pour s’en prémunir, la Ville réalise des travaux depuis plusieurs années. Photo Légende : Chemin du Bachais, les travaux destinés notamment à réduire les risques d’inondation s’achèveront à l’automne prochain. “Lors des violents orages de 2006 et de 2007, nous avons identifié des points de débordement sur lesquels nous avons, depuis, effectué d’importants travaux. C’est le cas sur l’avenue de Chartreuse, dont nous avons modifié les pentes, afin de mettre les riverains et le centre commercial à l’abri des inondations. Avec succès, puisque les désordres que nous avions constatés à l’occasion des orages de 2006 et 2007 ne se sont pas reproduits le 6 juin, malgré la violence exceptionnelle des intempéries”, rappelle Jean-Noël Legrand, chef du service Patrimoine non bâti. Même constat à la Revirée où les travaux d’inversion d’une pente latérale a permis de mettre en sécurité deux garages, qui avaient été inondés en 2006 et 2007, et de minimiser l’arrivée d’eau dans deux autres. D’autres chantiers sont en cours : le chemin du Bachais, que les orages transforment régulièrement en torrent depuis quelques années, est en cours de rénovation. Le réseau d’eau pluviale est redimensionné, et la voirie va être restructurée sur la base d’un profil à moindre dommage, afin de récupérer les eaux de ruissellement provenant du chemin de Saint-Bruno. Coût de l’opération : 500 000 euros. Autre chantier d’importance, la création d’une plage d’accès à la plage de dépôt B 17 à la confluence des torrents de la Ruine et de Jaillières, au-dessus de Rochasson, débutera cet automne. Objectif : permettre l’évacuation de 20 000 m3 de matériaux, afin de mettre en sécurité les riverains du torrent. Cette piste sera aménagée via le chemin de la Cordelière, dont les réseaux et la structure seront également repris. Montant de ce chantier : 600 000 euros. “Malgré tous nos efforts, il est impossible de redimensionner l’ensemble du réseau à court ou moyen terme. Par ailleurs, nos travaux sont limités par les capacités d’écoulement des chantournes”, poursuit Jean-Noël Legrand, rappelant ainsi que le “risque 0” n’existe pas. [Intercommunalité] DEUX SYNDICATS INTERCOMMUNAUX ACTIFS Photo Légende : Cet automne le SITSE inaugurait les travaux réalisés sur le torrent de l’Hermitage : le terrain a été reprofilé et les berges sécurisées. La Ville est exposée à deux types d’inondation : par l’Isère et par la crue torrentielle du Saint- Eynard. Elle siège donc tout naturellement au sein de deux syndicats intercommunaux, le Siap (Syndicat intercommunal pour l’assainissement pluvial) et le Sitse (Syndicat intercommunal des torrents du Saint-Eynard). Le premier regroupe les communes de Biviers, Corenc, La Tronche, Meylan et Saint-Ismier. Il réalise les infrastructures permettant d’éviter les risques de refoulement des chantournes, et donc les risques d’inondation en cas de crue de l’Isère : aménagement de la Chantourne entre l’Hélice et le chemin de Baudonnière, agrandissement du bassin de Jaillières, création du bassin du Bas-Charlaix et pose d’un batardeau sous l’A41 au niveau des Cantines, travaux d’aménagement des torrents de Jaillières et de l’Hermitage… Le second a été créé en 1988 par les communes de Biviers, Meylan, Montbonnot, Saint-Ismier et Saint-Nazaire-les-Eymes pour aménager les torrents du Saint-Eynard, afin d’entretenir et aménager les torrents. Le Sitse réalise actuellement un chantier de protection contre la crue centenale, qui couvre le tracé du ruisseau du Gamond, depuis le chemin de Saint-Martin jusqu’au chemin de Beauséjour. Coût de l’opération : 1,8 millions d’euros, cofinancés par Meylan et Montbonnot. Risque Isère Les atermoiements du Symbhi Le plan d’aménagement “Isère amont”, porté par le Symbhi (Syndicat mixte des bassins hydrauliques de l’Isère), a été lancé en 2004 pour protéger les communes iséroises, situées entre Grenoble et Pontcharra, d’inondations de grande envergure. Mais le Conseil général, qui en avait fait une de ses priorités, a décidé d’ajourner “sine die” les travaux prévus à l’automne 2009. “Isère amont est aujourd’hui au point mort. Le risque d’inondation lui est bien réel. Les travaux doivent reprendre”, s’insurge Jean-Claude Peyrin, adjoint au maire, délégué à l’aménagement urbain.