
Parmi les initiatives récemment mises en avant figure UNIDAS, un dispositif portugais de lutte contre les violences domestiques qui attire aujourd’hui l’attention de plusieurs villes européennes, dont Meylan fait partie. Dans ce cadre, des agents de la Ville de Meylan se sont rendus fin avril au Portugal afin de mieux comprendre et s’approprier ce dispositif.
Porté par la Communauté intermunicipale de Tâmega e Sousa, au nord du Portugal, le programme repose sur une idée simple : mieux coordonner tous les acteurs qui accompagnent les victimes afin d’éviter les ruptures de prise en charge et les démarches répétitives. Le projet a été reconnu comme une « bonne pratique » par le programme européen URBACT et peut désormais être inspirant pour plusieurs villes européennes.
Une coopération entre 11 communes portugaises
Le dispositif UNIDAS fonctionne sous la forme d’une intercommunalité regroupant 11 communes portugaises. L’accord de coopération a été signé en 2019, avant une mise en œuvre effective en 2021. Après cinq années d’expérimentation, le modèle est aujourd’hui considéré comme suffisamment solide pour envisager un déploiement plus large à l’échelle du Portugal.
L’intérêt principal du programme réside dans sa capacité à décloisonner les services. Jusqu’à présent, les victimes de violences conjugales pouvaient être confrontées à des parcours complexes : répétition des témoignages, absence de coordination entre les services sociaux, la police, la justice ou les structures de santé, et difficulté à assurer un suivi continu.
Avec UNIDAS, les différents acteurs travaillent désormais autour d’un protocole commun partagé par tous les professionnels impliqués. Les frontières administratives et institutionnelles ont été réduites afin de permettre une prise en charge plus fluide et plus réactive.
Un accompagnement unique pour chaque victime
L’une des innovations majeures du dispositif portugais est la désignation d’un « case manager » pour chaque victime. Cette personne devient le référent unique tout au long du parcours d’accompagnement.
Peu importe la porte d’entrée utilisée par la victime — police, hôpital, service social ou association — le case manager suit ensuite l’ensemble du dossier et coordonne les démarches nécessaires. Ce fonctionnement permet d’éviter les ruptures de suivi et de garantir une meilleure continuité de l’accompagnement social, psychologique et juridique.
Le programme prévoit également une organisation territoriale de proximité. Avec 11 communes impliquées, cela représente au minimum 11 lieux d’accueil accessibles aux victimes sur le territoire.
Lever les freins liés à la confidentialité
Le modèle portugais introduit également un mécanisme important concernant le partage d’informations entre professionnels. Une décharge signée par la victime permet de lever certaines barrières liées à la confidentialité et facilite ainsi la coopération entre les différents services.
Cette autorisation simplifie les échanges d’informations essentielles entre intervenants et évite que les victimes aient à répéter continuellement leur histoire auprès de chaque structure rencontrée.
L’objectif est de construire une réponse globale et coordonnée face aux violences domestiques, en plaçant les besoins de la victime au centre du dispositif.
Un modèle qui intéresse l’Europe et notre ville !
Le projet UNIDAS a été sélectionné parmi les réseaux de transfert du programme URBACT. Il doit permettre à six villes européennes, dont Meylan, d’adapter le modèle portugais à leur propre contexte local.
Le Portugal apparaît ainsi comme un laboratoire d’innovation territoriale en matière de protection des victimes, avec une approche fondée sur la coopération entre collectivités, services publics et acteurs associatifs.
Publié le 12/05/2026