URBACT est un programme européen dédié à la coopération entre collectivités locales sur des thématiques variées de politiques publiques telles que l’innovation, l’urbanisme, la transition climatique ou encore la cohésion sociale. Il repose sur des réseaux thématiques de Villes, favorisant le partage d’expériences, la co-construction de solutions locales et l’élaboration de plans d’action intégrés adaptés aux réalités territoriales.
L’objectif central d’URBACT est d’accompagner les Villes dans la transformation de leurs pratiques, en leur permettant de s’appuyer sur des méthodes éprouvées, une expertise européenne et une dynamique collective.
Plus d’infos : https://urbact.eu/
Dans ce cadre, Meylan a intégré le réseau Intermunicipal Victim Support Network, piloté par l’intercommunalité portugaise de Tâmega e Sousa. Ce réseau réunit plusieurs partenaires européens : Drama (Grèce), Bétera (Espagne), Budapest (Hongrie), Vicenza (Italie), ainsi que l’Université Dragomanov (Ukraine).
Le réseau poursuit un objectif commun : renforcer la cohérence des politiques locales de soutien aux victimes et améliorer concrètement l’expérience des usagers.
Les travaux s’articulent autour de grands axes structurants :
· la coordination entre les institutions (police, justice, services sociaux, collectivités),
· les dispositifs d’accueil, d’information et d’orientation des victimes,
· la prévention, la formation des agents et la communication publique,
· l’évaluation des parcours d’accompagnement, afin d’identifier les points de rupture ou de fragilité.
La candidature de la Ville s’appuie sur un enjeu territorial fort. Les données des statistiques publiques sur l'insécurité et la délinquance, pour la ville de Meylan, montrent une augmentation très significative des violences sexuelles (+294 % entre 2016 et 2024) et des violences intrafamiliales (+275 %, soit 2,18 faits pour 1 000 habitants), ainsi que des situations préoccupantes concernant les violences faites aux enfants (source : SSMSI ). Ces données suivent l'augmentation de ces violences, au niveau national. Elle s’explique en partie par une amélioration du repérage et du signalement, liée à une libération progressive de la parole des victimes mais également par un renforcement des dispositifs institutionnels et une meilleure prise en compte de formes de violences auparavant moins visibles. De plus, des facteurs socio-économiques (précarité, crises sanitaires et sociales), ainsi que la persistance de déséquilibres structurels et de rapports de domination, ont contribué à accroître les situations de vulnérabilité.
Dans ce contexte, l’enjeu est clair : structurer et développer une offre de soutien aux victimes, aujourd’hui dispersée, afin de la rendre plus lisible, plus accessible et plus efficace. L’intégration au réseau URBACT permettra à Meylan de bénéficier de l’expertise de Villes européennes ayant déjà obtenu des résultats probants, de développer un projet transversal mobilisant plusieurs services, et d’inscrire la collectivité dans une dynamique européenne valorisante et professionnalisante.
De plus, ce programme va permettre un travail collaboratif avec tous les acteurs locaux concernés (gendarmerie, CCAS, éducation nationale, associations et clubs etc.) pour contribuer à la mise en oeuvre de ces nouvelles actions.
Le projet est piloté par la Communauté intermunicipale de Tâmega e Sousa, au nord du Portugal, et s’appuie sur le modèle portugais UNIDAS, reconnu comme « bonne pratique » par le programme URBACT. Ce dispositif repose sur une idée simple : mieux coordonner tous les acteurs qui accompagnent les victimes afin d’éviter les ruptures de prise en charge et les démarches répétitives.
Le dispositif UNIDAS fonctionne sous la forme d’une coopération entre 11 communes portugaises. L’accord de coopération a été signé en 2019 avant une mise en œuvre effective en 2021. Après plusieurs années d’expérimentation, le modèle est aujourd’hui considéré comme suffisamment solide pour être transféré dans plusieurs villes européennes à travers le réseau UNIDAS4EU.
L’objectif principal est de renforcer la coopération entre les collectivités locales, les services sociaux, les forces de l’ordre, les structures de santé, la justice et les associations spécialisées. Jusqu’à présent, les victimes de violences conjugales pouvaient être confrontées à des parcours complexes, marqués par le manque de coordination entre institutions et la répétition des témoignages.
Avec UNIDAS, les différents professionnels travaillent désormais autour d’un protocole commun partagé par tous les partenaires impliqués. Cette organisation permet une prise en charge plus fluide, plus réactive et davantage centrée sur les besoins des victimes.
L’une des innovations majeures du modèle portugais est la désignation d’un « case manager » pour chaque victime. Cette personne devient le référent unique tout au long du parcours d’accompagnement.
Peu importe la porte d’entrée utilisée — police, hôpital, service social ou association — le case manager coordonne ensuite l’ensemble des démarches nécessaires et assure le suivi du dossier. Ce fonctionnement permet de limiter les ruptures d’accompagnement et de garantir une meilleure continuité du soutien social, psychologique et juridique.
Le programme prévoit également une organisation territoriale de proximité. Avec 11 communes impliquées, cela représente autant de lieux d’accueil accessibles aux victimes sur le territoire.
Le modèle portugais introduit également un mécanisme facilitant le partage d’informations entre les différents intervenants. Une autorisation signée par la victime permet de lever certaines contraintes liées à la confidentialité et favorise ainsi les échanges d’informations essentielles entre professionnels.
L’objectif est d’éviter que les victimes aient à répéter continuellement leur histoire auprès de chaque structure rencontrée et de construire une réponse globale, coordonnée et plus humaine face aux violences domestiques